Ce soir les nuages s'inventent des
colonnes vertébrales dans le ciel lumineux, l'après d'un monde sans
pitié, à cause de deux ou trois détails posés sur l'épiderme.
Cette journée de plus s'est enveloppée d'un voile de traîne à
errer dans l'espace par habitude, le commun d'un mortel avant l'heure
jusqu'au retour labellisé d'une habitude. Il était le temps de
rentrer en soi sans plus d'éclat qu'un soir de novembre ou d'une
quelconque pénombre.
Sur un feedback de route à côté de ma vie
je me suis arrêté en attendant le vert d'un passage. A cet endroit
précis, une silhouette se découpait déjà dans mes pressentiments
si fragiles.
Le long d'un flash en remontant de ses sacs jusqu'à
son visage je savais déjà l'approche de ses lèvres pour quérir en
moi quelque chose. J'ai baissé la garde et ma vitre pour laisser
entrer cette voix dans mes endroits clos et secrets. Elle était bien
plus que ses yeux quand j'ai croisé son doux regard, transcendant
d'errance, lettre après lettre sur sa bouche, vers une station de
métro. Ma timidité naturelle, pour mon salut future, a balbutié
maladroitement l'autre de son chemin, même si inconsciemment je
rêvait qu'elle monte puisque ce genre de fille m'attire
inexorablement et que j'avais déjà envie de l'épouser avant un
premier kilomètre.
Au bout de cette corde d'amour les
marionnettes tendent et s'endorment enfin, sans faim au bout de tous
nos traumatismes qui subliment les riens à force en attendant cette féminité qui sauve.
Stop.