Aujourd'hui le temps était maussade et
je suis entré en voyage dans le sombre d'un transport en commun. Les
cœurs étaient serrés et les regards cherchaient pour une dernière
fois un soleil. Il était l'heure de s'en aller pourtant.
J'ai lu dans leurs regards la même
attitude que mes yeux déportés d'avenir qui ne voulaient plus voir
ce matin là complice.
Alors dans cette gêne indigène nous avons
pensé en canon à la chair de nos chères vies acquises et remonté
nos larmes d'un instant. Partir semblait si simple finalement dans ce
trop de tourmente et d'idées déplacées.
Était-ce une journée
comme tant d'autres ou le moment crucial du jour de l'histoire de
chacun ?
J'allais sans doute trop mal pour imaginer tant de
négations, à l'intérieur d'un monde normal, sans plus de guerres
que d'humanité.
La seule chose à laquelle je pensais était
l'oxygène qui me manquait pour respirer la raison ou la clairvoyance
à force de penser à moi. J'étais au fond cet homme perdu, cet
homme sans efforts et sans forces. A ce moment j'aurais voulu écrire
sur le bois de mes murs ou sur la peau des autres un passé qui riait
tous mes moments sauvages et mes dents du bonheur.
L'ajourné
n'est pas encore fini, je parle au réel et panse bêtement.
Le
flot des minutes m'emportent vers d'autres cieux, j'abandonne
l'écoute et imagine une fleur en musique, Wagner, l'au delà de mes
barbelés, de mes sinistres ou de mes peines pour le temps de
l'extase. J'aime ces harmonies bien plus loin que mes traces quand
les démons m'emportent puisque je suis ainsi.
Comment pouvoir
expliquer ces moments où je me sents si mal entre deux feux, entre la
vie et l'amour ou d'autres formes humaines, cramé de mes bourreaux
qui m'impliquent à la lettre ?
Je ne sais que la force de leurs
prénoms, maman, papa, ma fille, mon fils, ma grand-mère et tous les
autres qui m'ont vu vivre et m'ont tant à portée.
J'ai tellement
eu envie d'amour en ce si doux été dans la jeunesse de mes voyages
jusqu'au bout de la nuit, monsieur...
A mon grand-père
Charles, boxeur et communiste qui a combattu le Franquisme au péril
de sa vie imparfaite pour l'honneur de notre famille et d'une
certaine France.
Après un retour de voyage en époque
civilisée et ouverte sous conditions j'ai recherché les pistes de
ces malaises sur des sites spécialisés.
Pas de réelles traces
de Pierre Bousquet, responsable d'un état exterminateur de milliers
d'humains juifs en zone libre. J'étais surement en névrose
construite étape par étape à cause de Vichy, Pétain, Laval et
d'autres participants. La France a sans doute peur de ses principes
au delà de 1789 face à ses génocides pour révéler qui elle
est.
Aujourd'hui le temps était Mossad ….