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Voyage
Ce matin, sur l'autoroute de l'information, j'ai voulu prendre la sortie Calais, en direction de cette jungle, à la recherche de ces hommes perdus.
A l'arrivée je n'ai entendu que la plage déserte qui dormait sous le poids d'une absence. Non, ce silence n'était pas la voix de la Fanette de Brel mais le Nord de certains hommes qui ont oublié l'étymologie d'une hospitalité et le grand des principes qui nous ont engendré.
Personne à l'horizon, juste ces rues désertes d'un dimanche d'octobre.
Avant de repartir j'ai entendu  l'écho lointain de ce pays d'accueil où certains ministres ont élu domicile dans le cynisme jusqu'à valoriser le travail exemplaire de la Compagnie Républicaine de Sécurité, un travail réputé d'orfèvre et tout en dentelle de Calais.
Sans véritablement de réponses à cette heure j'ai décidé de rentrer libre chez moi, avec mes questions et mes regards furtifs vers le ciel où les avions disparaissent des lignes d'informations et où les charters deviennent parfois clandestins.
Ma seule certitude a été d'avoir voyagé tout ce temps pour rien, le cœur à nu sous l'éclat d'une guerre perdue, imaginant l'inégalité de ces chances.
En attendant le temps pour oublier et m'économiser à court terme, j'ai alors tourné la page vers  l'autre monde.
Tout était différent à présent, dépasser les frontières n'était plus faute mais une seule erreur de parcours, l'objectif d'un premier plan rendait un coming-out d'Asie d'une culture acceptable.
Dans tout le discours d'un cinéma qui martèle ses valeurs à coup de « ce n'est pas moi parce que je suis ministre ou encore cinéaste », j'ai envie de dire que « nous », les cons,  avons encore l'intelligence de notre conscience.
L'homosexualité, je pense naïvement n'a pas besoin de de faire ces milliers de kilomètres de perversion pour tenter d'exister ou alors cela s'appelle autrement.
Pendant le temps de toutes ces agitations médiatiques des hommes se retrouvent sur l'autoroute de l'Afghanistan comme des connards, non ciblés par la notoriété mais en dérive d'exister.
J'ai honte de mon pays qui ressemble de plus en plus à la réincarnation d'une terre d'écueil.
Ecrit par Art-Orange-2004, le Dimanche 11 Octobre 2009, 23:29 dans la rubrique "the loop".





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